Les chefs en compétition
Deux équipes de quatre chefs s’affrontent : la Belgique face au Luxembourg.
Équipe Belgique

David Martin, « La paix » et « Palais Royal », Bruxelles
Du Lot-et-Garonne à Bruxelles, en passant par Londres et Paris. Voyageur impénitent des saveurs, David Martin officie tout à la fois à « La Paix », deux étoiles Michelin, et au « Palais Royal ». Deux enseignes différentes et si proches par l’exigence. La dernière, la plus récente, invite à un voyage sensoriel où nuances, contrastes et subtils accents épicés s’entrelacent harmonieusement.

Lionel Rigolet, « Comme chez Soi », Bruxelles
« Comme chez Soi » n’est pas seulement un restaurant, c’est une maison. On n’y vient pas « manger », on vient « chez nous », aime à dire Lionel Rigolet, son chef emblématique. L’adresse reste le symbole vivant, aujourd’hui centenaire, d’une gastronomie belge à la fois patrimoniale et en perpétuelle réinvention. Une cuisine de produits de saison et de goûts par beaucoup d’associations d’épices. Et toujours le même leitmotiv : le produit, les textures, la justesse.

Giovanni Bruno, « Senzanome », Bruxelles
Enfant de Sicile. Giovanni Bruno incarne l’élégance discrète d’une haute gastronomie italienne fidèle à ses racines. Sa précision technique, son respect du produit et sa vision contemporaine en font un véritable repère pour ses pairs. Au « Senzanome », chaque plat raconte une histoire d’Italie, entre noblesse et retenue. La générosité du sud dans une exécution subtile.

Charles-Edouard Jeandrain, « Attablez-vous », Namur
Idées ludiques et saveurs classiques. Charles-Edouard Jeandrain de la maison « Attablez-vous » à Namur aime surprendre. Cuisine résolument française, mais moderne, vivante. Tout à la fois gourmande et visuelle. Si elle fascine par le traitement des ingrédients, elle est néanmoins respectueuse par un vrai souci des textures variées. Un vent frais qui énergise.
Équipe Luxembourg

Yves Mattagne, « Sensa » (Anatura), Weiswampach
Sea Grill, Villa Lorraine et d’autres références. Aujourd’hui aux commandes de « Sensa », le restaurant d’Anatura, Yves Mattagne, chef multi-étoilé, ne cesse de surprendre. 40 ans de carrière portés par une vision forte : une créativité sans limite, notamment de par ses nombreux voyages à travers le monde, et une envie constante de se réinventer.

Cyril Molard, « Ma langue sourit », Moutfort
Deux étoiles au Michelin. Dans son restaurant intime et trendy, orné de tableaux colorés, Cyril Molard ne laisse rien au hasard. Chaque détail est savamment étudié. Ses accompagnements créatifs mettent en valeur les saveurs de produits exceptionnels. Chaque ingrédient est parfaitement intégré à l’ensemble et rien n’est superflu. Du plaisir avec des goûts équilibrés.

Ilario Mosconi, « Mosconi », Luxembourg
« Mosconi », l’art de la gastronomie italienne sur les rives paisibles de l’Alzette. Un bonheur sans faille depuis 1986. Et une histoire d’amour qui unit Ilario et Simonetta, qui magnifient les traditions de leur pays natal avec une passion rare, réinventant les classiques en y insufflant une modernité subtile, parfois audacieuse. Une adresse rare, où la tradition flirte avec l’avant-garde et où chaque assiette s’érige en œuvre d’art.

René Mathieu, « Airfield », Findel
Le « druide du végétal » selon Gault&Millau. Une étoile Michelin et une étoile verte Michelin. René Mathieu sublime légumes, herbes et fruits avec une créativité rare. Ses menus sont un voyage à travers les saveurs et les textures, intégrant souvent des herbes et plantes sauvages pour offrir une expérience culinaire unique et sensorielle qui respecte et valorise la nature.
Trophée Pierre Wynants

Le trophée
Trophée Pierre Wynants, œuvre de François Grimoin, artiste, à la fois photographe, sculpteur, réalisateur et commissaire d’exposition. François Grimoin a exposé récemment à la Biennale de Venise, à Singapour, Saint Petersbourg, Monaco, ainsi qu’à Paris, Bruxelles et Londres. La photo lenticulaire, la réalité augmentée et les sculptures sont, aujourd’hui, les moyens d’expression sur lesquels il travaille.

Pierre Wynants, la légende
On peut avoir été mauvais élève au point de se faire traiter de « bon à rien » dans une grande école hôtelière et, plus tard, décrocher trois étoiles Michelin et quatre toques rouges au Gault&Millau ! S’il est bien, en Belgique, un cuisinier qui n’est plus à présenter, c’est Pierre Wynants, le plus emblématique de tous. Troisième génération du « Comme chez soi », Pierre Wynants, a marqué son époque. Et, plus encore, la reconnaissance de la cuisine belge à travers le monde. Pour beaucoup, son nom est associé à quelques plats signatures. Ainsi, la sole relevée d’une mousseline au riesling, toujours proposée par son beau-fils Lionel Rigolet et son petit-fils Loïc dans une maison devenue centenaire cette année.
Président du jury

Pierre Résimont, « L’eau vive », Arbre
En 1994, à 25 ans à peine, il offre à son « Eau Vive » sa première étoile Michelin. La deuxième, il la décrochera en 2012. Depuis, Pierre Résimont partage sa passion pour une cuisine riche, avec une exceptionnelle régularité dans le temps. Son savoir-faire se traduit par des saveurs familières auxquelles il donne une tournure inventive, avec raffinement et générosité.

Pierre Marcolini, « Pierre Marcolini », Bruxelles
Le pâtissier et chocolatier belge le plus reconnu à travers le monde. Si les récompenses ne manquent pas, épinglons celle de « champion du monde de pâtisserie » remportée à Lyon en 1995. Depuis, Pierre Marcolini poursuit chaque jour sa quête de perfection. Visionnaire, il a transformé la tablette rectangulaire en carré, la praline en palet fin et ainsi offert au chocolat ses lettres de noblesse.
Texte : Alain de Fooz, journaliste épicurien, amoureux des mots et des saveurs vraies.

